De la Chine impériale au Japon Edo : 2 000 ans d'histoire raccourcie en une page.
L'art du bonsaï est plus ancien qu'on ne l'imagine. Quand on dit « bonsaï », on pense immédiatement au Japon. C'est juste, mais incomplet : la pratique est née en Chine, sous le nom de penjing, il y a près de deux millénaires. Le terme japonais bonsai (盆栽), littéralement « arbre en pot », n'est apparu que bien plus tard.
Les premières représentations attestées d'arbres miniaturisés en pot remontent à la dynastie Tang (618-907). On les retrouve dans des fresques de la tombe du prince Zhang Huai, à Xi'an. Des paysages entiers étaient recréés dans des plateaux : un arbre, quelques rochers, parfois une rivière de sable. C'est le penjing (盆景), littéralement « paysage en pot ». L'objectif n'était pas la simple miniaturisation, mais la composition d'un microcosme évoquant des paysages sacrés.
L'art se diffuse au Japon au XIIᵉ siècle, transporté par des moines bouddhistes zen. Les Japonais simplifient et codifient la pratique : un seul arbre par pot, formes plus épurées, dépouillement zen. Le mot bonsai s'impose à l'époque Kamakura (1185-1333). À la période Edo (1603-1868), la pratique se répand dans toutes les classes sociales et donne naissance à des écoles de style — sujet d'une page dédiée.

L'Occident découvre le bonsaï lors de l'Exposition universelle de Paris en 1878, puis de façon massive après l'Exposition universelle de Vienne en 1873 et celle de Paris en 1900. L'Europe — France, Allemagne, Italie — s'enthousiasme. Mais ce n'est qu'à partir des années 1960, avec la mondialisation, qu'apparaissent les premiers clubs et boutiques spécialisées en France.
La pratique amateur a explosé dans les années 1990 avec l'arrivée des bonsaïs d'intérieur produits en masse (ficus, carmona). Aujourd'hui, on estime à plus de 200 000 le nombre de pratiquants en France, qu'ils soient amateurs occasionnels ou bonsaïkas confirmés. La France compte plus de 80 clubs et associations répartis dans toutes les régions, et une trentaine de boutiques spécialisées.