Chokkan, moyogi, shakan, kengai, han-kengai, bunjin… Les 14 styles classiques expliqués.
Le bonsaï n'est pas qu'une question d'arrosage et de taille : c'est aussi un vocabulaire de formes. Les Japonais ont codifié au fil des siècles une quinzaine de styles classiques, chacun évoquant un type d'arbre rencontré dans la nature. Connaître ces styles, c'est se donner les yeux pour lire un bonsaï.
Le style le plus rigoureux : un tronc parfaitement vertical, conique, qui s'effile régulièrement vers le sommet. Les branches partent de façon ordonnée, d'abord à droite, puis à gauche, puis en arrière, en alternance. C'est le style classique pour les conifères : épicéa, pin sylvestre, mélèze. Difficile à réaliser sans défaut, c'est l'épreuve technique par excellence.

Le tronc reste globalement vertical mais avec des courbes douces, gracieuses. C'est sans doute le style le plus naturel et le plus accessible aux débutants. Convient à presque toutes les essences. Si vous achetez votre premier bonsaï, il y a 80 % de chances qu'il soit en moyogi.
Le tronc penche entre 60° et 80°, comme un arbre poussé sous l'effet du vent dominant. L'équilibre se fait par les racines visibles côté opposé à l'inclinaison.
Le sommet de l'arbre descend en dessous du niveau du pot, comme un pin accroché à une falaise. Style spectaculaire qui demande un pot haut et étroit. Le tronc plonge mais ne tombe pas mollement : il garde de la vigueur dans sa descente.

Variante adoucie du kengai : le sommet de l'arbre descend mais reste au niveau ou légèrement en dessous du bord du pot. Plus accessible que la cascade complète.
Un tronc long, fin, déliée, presque dépouillé, avec un feuillage concentré uniquement au sommet. C'est le style des lettrés chinois, inspiré des peintures à l'encre des Song. Élégant et difficile à équilibrer.