Goutte-à-goutte, voisin briefé, tapis capillaire, club de garde : cinq solutions testées avec leurs vrais points faibles.
Vous partez deux semaines en juillet. Vos bonsaïs, eux, ne partent pas. Et l'été, c'est précisément le moment où ils boivent le plus. Voici cinq solutions testées, classées par fiabilité décroissante, avec leurs vrais avantages et leurs vrais points faibles.
De loin la meilleure option, et de très loin. Un voisin de confiance qui passe tous les deux à trois jours, à qui on a expliqué précisément comment arroser, c'est une assurance vie pour vos arbres. Mais il faut le briefer sérieusement. Préparer une feuille avec chaque pot identifié par une photo, écrire la quantité (par-dessus jusqu'à ce que ça ressorte par les trous), préciser l'heure (matin de préférence, jamais en plein soleil de midi), et passer un test avant le départ. La règle des trois questions à poser à votre voisin avant de partir, "tu sais reconnaître un pot sec ?", "tu as compris pourquoi on n'arrose pas en plein soleil ?", "tu as mon numéro en cas de doute ?". S'il répond oui aux trois, vous pouvez partir tranquille.

Pour 40 à 80 €, on trouve des kits complets en jardinerie. Programmateur sur le robinet, tuyau principal, dérivations capillaires, piquets à planter dans chaque pot. Réglage typique pour l'été, deux passages par jour, 30 secondes le matin, 20 secondes en fin d'après-midi. C'est efficace, c'est fiable, mais le piège est de partir sans tester le système une semaine avant. J'ai vu trop de personnes découvrir au retour qu'une dérivation s'était bouchée le deuxième jour. On installe, on règle, on observe pendant cinq à sept jours, on ajuste, puis on part. Pour les essences qui pardonnent peu le sous-arrosage (érable, hêtre), c'est probablement la meilleure solution autonome. Voir aussi les essences d'extérieur les plus sensibles.
Un tapis absorbant trempé dans un bac d'eau, posé à plat, et les pots posés dessus. L'eau remonte par capillarité à travers les trous de drainage et alimente le substrat à son rythme. Marche cinq à sept jours selon la météo et la taille du bac. Limitation, le contact pot-tapis doit être bon (les pots à fond très bombé fonctionnent mal), et certains substrats très drainants ne tirent pas suffisamment l'eau vers le haut. Solution intermédiaire correcte pour une courte absence, mais pas pour deux semaines de canicule.
Pour trois à quatre jours en saison normale (pas de canicule annoncée), on déplace les bonsaïs à mi-ombre la veille du départ, on arrose copieusement le matin du départ. Les bonsaïs d'intérieur qu'on ne peut pas sortir sont placés dans la pièce la plus fraîche, loin du soleil direct, avec un plateau d'eau sous le pot pour humidifier l'air. C'est artisanal, mais ça tient un week-end prolongé.
Beaucoup de clubs locaux organisent un service de garde estivale entre membres. On dépose ses arbres à l'espace du club ou chez un membre volontaire, l'entraide se fait naturellement. Souvent gratuit, parfois symbolique (5 € par arbre pour la cotisation au club). Notre annuaire permet de trouver le club le plus proche de chez vous. À organiser au moins deux semaines à l'avance, pas la veille du départ.
Un bonsaï d'extérieur en plein soleil sans surveillance en pleine canicule, au bout de 24h sans eau, il est en danger. Un bonsaï posé dans une soucoupe pleine d'eau pour "qu'il ait à boire" se noie en trois jours, racines en pourriture. Stocker un bonsaï d'extérieur dans un placard sombre "pour qu'il soit au frais", c'est l'asphyxier. Et le voisin qui arrose "en passant" un peu d'eau dans la soucoupe sans mouiller le substrat, c'est pire que rien.
Bons préparatifs, et bonnes vacances 🌞.